Phytosol info n°19
1er avril 2024
Permanence téléphonique
Pour nous poser toutes vos questions techniques, nous vous rappelons que vous pouvez nous contacter chaque matin pendant la période de permanence téléphonique de 7h00 à 9h00.
Nous vous recommandons de privilégier cette tranche horaire pour avoir une réponse rapide à vos questions, dans le cas contraire n’hésitez pas à nous laisser un message, on vous rappelle dès que possible.
Pour rappel, l’arrêté du 21 novembre 2021 élargit l’encadrement de l’usage de tous les produits phytosanitaires en période de floraison pour limiter l’impact de leur utilisation les insectes pollinisateurs.
La floraison s’étend de l’ouverture des premières fleurs à la chute des pétales des dernières fleurs, qu’il s’agisse des plantes cultivées, de couverts et d’adventices…
Cultures considérées non attractives
Avoine, blé, épeautre, orge, seigle, triticale, graminées fourragères, lentille, pois, pomme de terre, soja, vigne.
- Utilisation des insecticides et acaricides avec « la mention abeille » en dehors de la présence des abeilles
- Pas de restrictions sur les horaires
- Herbicides, fongicides, régulateurs non concernés par la mesure
Cultures considérées attractives
Colza, lin, maïs, sorgho, tournesol, féverole, lupin, pois chiche, sarrasin, certains couverts (ex : phacélie,…)
- Utilisation des insecticides et acaricides avec « la mention abeille »
- Application le soir dans les 2 heures qui précèdent le coucher du soleil et dans les 3 heures qui suivent le coucher du soleil
La météo pluvieuse actuelle (et encore à venir…) favorise le développement des maladies, et tout particulièrement la Septoriose dont le principal mode de contamination est réalisé par effet « splashing ».
Les éclaboussures permettent de transporter les spores vers les étages foliaires supérieurs, la maladie progresse ainsi étage par étage.
Rappelons que pour réaliser une contamination, une durée minimale d’humidité de 12h sur les feuilles et une T°C minimale de 10° sont suffisantes.
La maladie est désormais bien visible dans les parcelles mais on note des différences significatives selon les variétés et selon l’application ou non du T0 qui, nous vous le rappelons, est pour nous le pilier de la protection contre la plupart des maladies foliaires (et le piétin verse).
Comme expliqué dans le précédent Phytosol Infos, nous recommandons d’appliquer un T1 dans la plupart des situations (hormis quelques situations observées en tour de plaine sur variétés très tolérantes, en absence de symptômes de maladies, avec un T0 appliqué, qui pourront attendre le stade dernière feuille).
L’humidité accumulée dans les sols conjuguée à une remontée logique des T°C sur les mois de mai / juin laisse craindre un risque sérieux de développement des maladies sur cette période.
Les stades des blés continuent leur progression : pour la plupart des semis réalisés sur octobre - novembre, ils varient entre 1 nœud et 3me nœud en formation.
Pour les semis plus tardifs, les stades sont inférieurs à 1 nœud.
En terme de programmes fongicide, nous vous recommandons d’alterner dans la mesure du possible les matières actives.
Dans le contexte actuel, 3 triazoles peuvent actuellement être utilisées pour un traitement T1, que nous avons classées ci-dessous par ordre de performance sur Septoriose :
- Difénoconazole (Greteg),
- Prothioconazole (Joao,…)
- Metconazole (Caramba Star,…)
Vous retrouverez de manière exhaustive dans votre document Phytosol Hiver les programmes préconisés.
Pour autant, voici quelques recommandations liées au contexte de l’année :
1
Votre programme doit associer au minimum une Triazole performante sur Septoriose avec un produit de la famille des Strobilurines (ex : Amistar, Comet 200…) pour continuer la lutte préventive contre les Rouilles, qui peuvent avoir la capacité à s’exprimer plus tard en saison.
- Greteg 0.1 à 0.15 + Amistar 0.1 à 0.2 ou Comet 200 0.1 à 0.2 + Adj
- Joao 0.1 à 0.25 + Amistar 0.1 à 0.2 ou Comet 200 0.1 à 0.2 + Adj
- Caramba Star 0.15 à 0.25 + Amistar 0.1 à 0.2 ou Comet 200 0.1 à 0.2 + Adj
Bien évidemment, les génériques de ces produits peuvent être utilisés dans les mêmes conditions
2
En cas de cas de fort risque Septoriose, vous avez la possibilité technique d’associer 2 triazoles pour renforcer l’action de curativité sur la maladie (ex : Caramba Star 0.15 à 0.25 + Joao 0.1 à 0.25, Greteg 0.1 à 0.15 + Joao 0.1 à 0.25…).
Un complément avec un produit de la famille des Strobilurines (ex : Amistar 0.1, Comet 200 0.1…) pour continuer la lutte préventive contre les Rouilles est à envisager.
Vous pouvez bien évidemment utiliser les génériques de ces produits dans les mêmes conditions évoquées ci-dessus.
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Utiliser les fourchettes de doses élevées que nous vous conseillons si le risque maladies est important dans vos parcelles (variétés sensibles, présence de maladies…).
Les doses minima seront quant à elles réservées pour des traitements préventifs.
Remarque : pour les partenaires qui utilisent / utiliseront un produit à base de Difénoconazole (Greteg), comme évoqué en réunion Phytosol Hiver, des symptômes de brûlures et ou de décolorations peuvent apparaitre après l’application (voir photos ci-dessous).
Ces symptômes visuellement impressionnants (et qui n’apparaissent pas systématiquement) sont sans conséquence pour la culture et peuvent être différents selon les variétés et/ou le mélange réalisé.
La météo actuelle complique les interventions dans les champs.
Dans la mesure du possible, nous vous recommandons de garder une cadence de 15 à 20 jours maxi, en privilégiant toujours les bonnes conditions d’applications (n’hésitez pas à raccourcir cette cadence si la météo vous offre des fenêtres d’interventions idéales).
Pour certaines parcelles déjà bien avancées (2 nœuds et plus), peut-être que votre prochaine application ne pourra se faire qu’au stade dernière feuille avec un T2, faute de pouvoir intervenir dans vos parcelles. Auquel cas, selon le niveau de risque, des adaptations de programmes pourront être envisagés.
Nous aurons l’occasion de refaire le point dans les prochains Phytosol Infos.
Nos conseils du Phytosol Infos n°18 sont toujours d’actualité.
Si le risque de verse apparait élevé dans vos parcelles, une deuxième application est à envisager.
Mélange techniquement possible avec votre T1.
Soit avec un produit à base de Trinexapac-éthyl (Trimaxx, Transkaï, Regulastar… 0.15 à 0.25), soit avec Medax Max / Serenium 0.2 à 0.4 ou Medax Top 0.4 à 0.6
Comme pour les blés, le positionnement de vos T0 permet de maintenir des états sanitaires assez sains.
Dans le contexte actuel de risque maladies important, nous vous recommandons de maintenir une cadence de traitements entre 15 et 20 jours maxi entre votre T0 et votre T1, en privilégiant toujours les bonnes conditions d’application.
La plupart des T1 vont intervenir autour du stade 2 nœuds, si la météo vous permet d’intervenir.
Si cela correspond à ce stade, vous devrez aller réintervenir avec une base :
- Madison / Kapulco 0.1 à 0.3 + Unix Max / Kayak 0.15 à 0.25 + Adj
- Fandango S / Foster 0.4 à 0.6 + Unix Max / Kayak 0.15 à 0.25 + Adj
- Joao (ou générique) 0.1 à 0.25 + Unix Max / Kayak 0.15 + Comet 200 0.1 à 0.2 + Adj
Les doses faibles sont à réserver dans le cadre d’une intervention en préventif.
La fourchette de doses hautes correspond à une intervention sur des cultures malades, donc en curatif.
Remarque : pour les parcelles avancées qui atteignent ou sont sur le point d’attendre le stade dernière feuille, si votre T1 n’a pas encore été effectué, nous vous recommandons maintenant d’attendre que le stade dernière feuille soit bien atteint pour réaliser votre T1 avec un programme à base de SDHI, à savoir :
- Kardix / Macfare / Keynote 0.2 à 0.35 + Twist 0.08 à 0.12 + Adj
- Kardix / Macfare / Keynote 0.2 à 0.35 + Comet 200 0.1 à 0.2 + Adj
- Silvron 0.2 à 0.3 + Fandango S (ou équivalent) 0.35 à 0.5 ou Madison (ou équivalent) 0.1 à 0.25 + Adj
La fourchette de doses hautes sera probablement à privilégier, à vous de voir en fonction de l’états sanitaire de vos parcelles.
Dans les secteurs ou la Ramulariose s’est fortement exprimée l’année dernière, vous avez la possibilité d’utiliser un fongicide spécifique à base de Folpel (Sesto, Mirror 0.7 à 1 l/ha…) qui n’aura d’action que s’il est positionné en préventif, sur la dernière feuille.
N’hésitez pas à consulter votre document Phytosol Hiver pour le détail des programmes.
Attention au risque de verse cette année avec les conditions météos pluvieuses, peu lumineuses, qui induit une concurrence entre plantes pour aller chercher la lumière…
Cette culture restant particulièrement sensible par rapport aux autres céréales.
Ainsi, le positionnement d’un second régulateur sera à envisager dans ces conditions, mélangeable techniquement avec votre T1 :
- Bogota plus 0.8 à 1.2 + Adj (usage réglementaire entre 1 et 2 nœuds)
- Cerone / Baia… 0.4 à 0.5 + Adj
- Autre solution : Trimaxx / Transkaï / Regulastar… : 0.15 à 0.3 + Adj
NB : veillez à alterner les produits car pour la plupart, ils sont réglementairement limités à 1 application / campagne.
NB : mélange possible avec un programme fongicide.
Lors de nos tours de plaine, nous observons parfois des cas de mosaïques sur blé tendre et orge.
La mosaïque est une maladie virale transmise par un champignon du sol appelé Polymyxa graminis qui peuvent infecter le blé tendre, le blé dur, les orges et le triticale.
Sur blé
La mosaïque est provoquée par deux types de virus :
- virus de la mosaïque des céréales (VMC)
- virus de la mosaïque des stries en fuseau du blé (VSFB).
Dans les parcelles touchées, l’implantation de variétés tolérantes est impérative car les parcelles sont infestées de manière quasi définitive.
Ces virus se conservant dans les sols plus de 20 ans.
Le ressuyage lent, les sols froids auraient une incidence marquée sur la présence de cette maladie.
Présent dans la parcelle, les outils de travail du sol « écartent » sa présence. Il est donc important de nettoyer son outil en sortant d’une parcelle infectée, sous peine de propager le virus dans d’autres parcelles.
Il n’y a pas de moyen de lutte agronomique autre que les tolérances variétales et les assolements les plus longs possibles.
Dans ces zones touchées, les plantes sont, tassées, chétives, avec des symptômes de jaunissement, et un système racinaire réduit.
Les feuilles expriment des tirets chlorotiques (voir photo ci-dessus), parallèles aux nervures. Souvent difficile à diagnostiquer, la maladie s’exprime en rond plus ou moins réguliers, ressemblant à des attaques de pucerons parfois.
Parmi les virus transmis par Polymyxa graminis, ceux que l’on rencontre le plus fréquemment en France sont :
1
le virus de la mosaïque des céréales (VMC)
Il est présent dans une grande moitié nord de la France, mais avec un développement particulier en région Centre.
Les dégâts peuvent être importants sur blé tendre et blé dur et modérés sur triticale. Ils sont nuls sur seigle.
Ce virus est très présent surtout dans les limons battants. 30 % des variétés de blé tendre mais seulement quelques variétés de blé dur y sont résistantes.
2
le virus de la mosaïque des stries en fuseau du blé (VSFB)
Très peu de variétés de blé tendre y sont sensibles et les dégâts occasionnés sur cette espèce sont moindres que ceux dus au VMC. En revanche, le blé dur est très sensible à ce virus qui se développe dans tous les types de sol.
Le retour fréquent de cette espèce dans la parcelle semble le principal facteur explicatif de l’apparition de cette maladie.
Il est impossible de distinguer aux champs la différence entre les deux souches, une analyse de plante est souvent nécessaire.
Sur orge
Les mosaïques sur orge d’hiver / escourgeon sont également transmises par Polymyxa graminis, présent dans les parcelles, qui contamine les racines de l’orge dès l’automne, particulièrement lorsque les hivers et les automnes sont doux.
Cette période ayant été longue cette année avec une quasi absence d’hiver, certaines charges virales sont importantes.
Il existe 2 types de mosaïque :
- le virus de la mosaïque modérée de l’orge (BaMMV).
- le virus de la mosaïque jaune de l’orge (BaYMV), avec deux pathotypes : Y1 (la plupart des variétés sont résistantes) et Y2 (pathotype le plus répandu sur la majorité des variétés).
Les pieds sont chétifs, l’enracinement se trouve entravé.
Les symptômes peuvent s’estomper lorsque les T°C se réchauffent mais ce n’est pas systématique.
D’autant plus que qu’il y a présence de conditions de stress importantes durant la végétation…
Dans tous les cas, si vous êtes concernés par la présence de mosaïque, vous devrez être vigilants à l’avenir après vos prochains travaux de sol en nettoyant vos outils et en sélectionnant des variétés résistantes.
Sur les orges, les variétés peuvent être résistantes ou sensibles à l’un ou l’autre des virus ou de leurs pathotypes (ex : certaines variétés sont résistantes à BaMMV et BaYMV-1 mais pas à BaYMV-2).
Dans les cas les plus graves, il faudra choisir des variétés résistantes au virus BaYMV-2, avec un choix actuellement très très limité (ex : KWS Oxygène, LG Zenica, Sensation,…)
Nos recommandations du Phytosol Infos n°18 sont toujours d’actualité.
Malgré les conditions climatiques, des semis ont pu être réalisés dans certains secteurs.
Voici un rappel des stratégies que nous vous proposons et qui font références à votre document Phytosol Hiver 2023-2024. N’hésitez pas à la consulter.
1
Solutions qui privilégient l’usage de Belvedere duo / Tolima (Phenmédiphame + Ethofumésate)
Il s’agit de produits foliaires qui doivent être complétés au minimum par des produits racinaires.
Pour nous, ces produits restent « la référence » en terme d’action foliaire, grâce notamment à leur formulation plus agressive sur les adventices (donc plus efficace…).
Comme ces produits contiennent déjà de l’Ethofumésate, nous déconseillons toute association avec d’autres produits à base d’éthofumésate.
En revanche, peuvent être associées toutes les autres solutions racinaires (Métamitrone solo, Lénacile…)
Belvedere Duo / Tolima 0.7 à 1 + Métamitrone solo + Varape 0.08 à 0.1 (ou Venzar SC 0.1 à 0.15) ou Safari Duo Active 70 à 100 gr + Huile 0.5 l + Adj
ADD DANGER Belvedere Duo / Tolima : produits réglementairement utilisables à partir du stade 2 feuilles.
2
Solutions qui privilégient l’usage de Goltix Duo – Oblix MT (Ethofumésate + Métamitrone)
Fasnet SC / Betagri 160, Bettapham… 0.6 à 0.8 + Goltix duo 0.6 à 0.8 + Varape 0.08 à 0.1 (ou Venzar SC 0.1 à 0.15) ou Safari Duo Active 70 à 100 gr + Huile 0.5 l + Adj
Bien que techniquement possibles, nous vous rappelons que réglementairement, les mélanges entre produits à base de Lénacile (Varape, Venzar SC…) et Triflusulfuron-méthyl (Safari,…) sont interdits.
Si vous travaillez avec Goltix Duo, privilégiez des produits foliaires sans Ethofumésate.
3
Solutions en présence d’ombellifères, gaillets, renouées… :
1ère possibilité : programme à base Goltix silver / Dazago 0.6 à 1 + Safari Duo Active 80 à 90 gr
En fonction de vos stocks, 2ème possibilité à base Kezuro 0.4 à 0.6 + Safari Duo Active 80 à 90 gr OU
Kezuro 0.4 à 0.6 + Okido 0.2 + Safari 7 à 10 gr
Sur l’ensemble de ces solutions, vous pouvez ajouter soit un produit foliaire simple à base de Phenmédiphame soit Belvedere Duo / Tolima.
Concernant les adjuvants, pas de changement ni d’adaptation : Huile 0.5 l + Adj
Pour les mélanges, nous vous rappelons que nous déconseillons tout mélange entre antidicots et antigraminées.
Remarque : pour les parcelles actuellement semées, peut-être que les conditions climatiques à venir ne vous permettront pas d’intervenir au bon stade des adventices, c’est-à-dire au stade point vert.
Stade garantissant le bon fonctionnement des herbicides de post levée, tel que vous le connaissez.
Dans ce cas présent (ex : présence importante de mauvaises herbes et/ou stade d’adventices à cotylédons voire plus…), nous vous conseillons d’appliquer les fourchettes de doses hautes des herbicides foliaires et au-delà des aspects réglementaires, à démarrer votre premier herbicide avec belvedere Duo / Tolima (produit plus performant sur des adventices déjà bien installées), puis dans un second temps de resserrer la cadence du 2me traitement (ex : 5 jours).
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